Le ministère de l’économie appelle les assureurs à se montrer plus solidaires

L’exécutif maintient la pression sur les assureurs, alors que certains s’échinent à convaincre responsables politiques et professionnels que les pertes d’exploitation liées au coronavirus sont trop lourdes pour être prises en charge par l’assurance.

Alors que la crise du coronavirus a impacté beaucoup d’entreprises, le ministre de l’Economie Bruno le Maire a estimé mercredi 6 mai que « les compagnies d’assurance doivent faire encore un pas vers plus de solidarité » pour les aider. 

Cette solidarité doit s’exercer « vis-à-vis des chefs d’entreprise et en particulier vis-à-vis des TPE et des PME », selon M. Le Maire, qui a rappelé que les assureurs avaient déjà apporté 400 millions d’euros au Fonds de solidarité pour les très petites entreprises (TPE) et 1,5 milliard d’euros pour le financement des PME.

« Est-ce que les assureurs peuvent faire un geste supplémentaire de solidarité vis-à-vis des entreprises françaises ? Ma réponse est oui », a déclaré le ministre lors d’un déplacement dans une librairie à Montreuil, en banlieue parisienne.

Cependant « le défi le plus important est de mettre en place une couverture pour les risques de pandémie. Ca n’existe pas » mais « il faut que d’ici six mois nous ayons une proposition solide et que ce soit inscrit dans les contrats d’assurance et si demain il y a une nouvelle pandémie, toutes les entreprises françaises doivent pouvoir être couvertes », a souhaité Bruno le Maire.

Certaines banques remboursent en partie les pertes liées à l’épidémie de leurs assurés : le Crédit Mutuel, le Crédit Mutuel et sa filiale CIC – qui versent une prime exceptionnelle à leurs assurés professionnels – , le Crédit Agricole, à hauteur de 200 millions d’euros également, Société Générale, pour 11 millions, ou encore BPCE, pour 50 millions. De son côté MMA (groupe d’assurance Covéa) verse une « indemnité » allant jusqu’à 10.000 euros à ses assurés professionnels des secteurs « les plus touchés », en plus des « dispositions contractuelles ». 

Mais ces initiatives ont provoqué la colère d’autres assureurs , qui s’étaient échinés à convaincre responsables politiques et professionnels que les pertes d’exploitation liées au coronavirus, évaluées par la Fédération français de l’assurance (FFA) à 60 milliards d’euros, étaient trop lourdes pour être prises en charge par l’assurance.Bruno le Maire

Source: Boursorama